Jean Lugrin partage avec nous le travail de médiation pédagogique et musicale que le Festival Musique et Neige organise à chaque édition. Cette année, le hautbois était à l’honneur.

Aujourd’hui, 8 février à 16 heures, ce sera un moment dont je me réjouis depuis l’année dernière. L’initiation musicale est fondamentale pour un développement harmonieux des enfants, c’est le cas de le dire. On est en 1950. Que je suis reconnaissant à mon grand-père de vouloir s’acheter un tourne-disque pour écouter des microsillons. Ainsi, s’est retrouvé dans la chambre bordélique de mes cinq ans, le vieux Grammophone et toute sa collection de disques 78 tours. Elle comportait une variété d’œuvres : du Yodel, la Fête des vignerons de 1927, des extraits de la Messe en si de Bach, du Wagner, du Vivaldi, même une marche militaire et une chanson en anglais où le chanteur pleurait ! J’avais un grand choix d’œuvres diverses, ainsi j’ai pu m’approcher, petit à petit, des musiciens qui font encore mon bonheur aujourd’hui. Le but n’est pas de raconter ma vie, mais d’insister sur l’importance de telles initiations. En effet, si l’on désire élever le débat, il est indispensable que le niveau culturel soit, lui aussi plus élevé.
Voici peut-être aussi pourquoi Madame Myriam Dupont, violon et Monsieur Sébastien Lehmann, hautbois et cor anglais, sont allés la matinée du 21 janvier, en quatre sessions, à l’école des Diablerets, afin de familiariser les enfants au type d’instrument qui sera joué par le trio du fameux hautboïste Heinz Holliger.
Voici pourquoi, le Comité du Festival Musique et Neige a demandé à ce très grand musicien de présenter les trois instruments du concert. Les Variations d’un air de Don Giovanni, que Beethoven a piqué à son idole W.-A. Mozart, ont permis de donner des explications à la trentaine de personnes présentes, sur l’oeuvre et les instruments.
Quel bonheur de voir ces très petits enfants s’intéresser ensemble à une musique qui devrait pouvoir les accompagner journellement jusqu’à leur dernier souffle. Mais non, il n’y a rien qui presse ! Entretemps, ce type de musique leur apportera de la joie, parfois de la mélancolie, mais combien de fois sera-t-elle susceptible de leur servir de bouée de sauvetage dans les moments difficiles. Ce fut mon cas.
Jean Lugrin – 10 février 2020

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