J’entre dans le temple, il n’y fait pas trop chaud, j’augmente un peu la température, les membres du Quatuor Signum désirent répéter à 19:30 ce vendredi. J’allume les projecteurs, après avoir déposé sur le placet de la chaise de chacun des musiciens, la pochette Musique et Neige. Elle est aux dimensions accueillant des partitions ou un ordinateur portable, mais aujourd’hui, c’est un petit sac de sel de Bex, et d’autres produits gentiment offerts par les Salines. On trouve aussi une petite bouteille de Bitter Diablerets avec une contre-étiquette du Folisophe, des cartes postales du même auteur et de la documentation sur la région. Pour ceux qui viennent jouer pour la première fois, ils ont droit à la plaquette de la 40 ème édition. Ainsi, peuvent-ils faire mieux connaissance avec la manifestation.
Parfois, les musiciens repartent sans la prendre, mais habituellement, ils sont sensibles à cette petite attention d’accueil. A Musique et Neige, nous sommes tous des amateurs bénévoles, mais nous tenons à ce que l’accueil des artistes comme celui de nos auditeurs soit le meilleur possible. Chacun y met ses qualités propres pour que l’atmosphère soit chaleureuse, amicale, familiale. Nous ne sommes pas à l’abri de boulettes. Nous essayons d’être bons, mais nous demeurons humains : errare humanum est ! En général, l’erreur est vite corrigée, même si, parfois, une auditrice décharge sa mauvaise humeur sur un membre innocent. Heureusement, c’est rare, notre auditoire est de très bonne composition pour ne pas dire plus, et il est reconnaissant des efforts du Comité. Il n’y a qu’à voir le nombre d’amis de Association, et le montant souvent bien arrondi de leurs cotisations. C’est très stimulant.
Et si l’on parlait un peu du concert du 30 janvier ?
Un petit Mozart sympa, puis un Quatuor de Chostakovitch, compositeur cher aux oreilles de notre directeur artistique, une oeuvre du père de l’altiste, une autre, courte, de son frère, quelques très courtes pièces en forme de gags, puis la Grande Fugue de Beethoven. Difficile dans sa modernité, cette musique contemporaine de 1825, j’avoue ne pas arriver à en être ému, et pourtant le Grand Louis est l’un de mes préférés. Néanmoins, pas loin de 170 auditeurs ont préféré venir à Vers-l’Eglise plutôt qu’assister aux Championnats d’Europe de patinage artistique à la télé. Pour beaucoup d’entre nous, ces musiques entendues sont bien éloignées des Quatre Saisons de Vivaldi, mais non seulement le rôle de Thierry Wälli n’est pas de caresser nos oreilles seulement dans le sens des notes en rabâchant le Top Ten des ventes de CD, mais de nous faire découvrir d’autres musiques, d’autres langages, surtout lorsqu’ils sont interprétés par des musiciens aussi convaincus, talentueux et enthousiastes.
A la semaine prochaine !
Bienvenue aux musiciens !
Texte et photos Jean Lugrin

Soyez le premier à commenter