Ormont-Dessus: c’est fait ! Christian Reber sera syndic dès le 1er janvier 2019

Aucun autre candidat syndic ne s’étant inscrit jusqu’à midi, ce 15 octobre 2018, plus rien ne s’oppose à la nomination de Christian Reber (récemment élu tacitement municipal) au poste de chef de l’exécutif d’Ormont-Dessus, dès le 1er janvier 2019. Il succèdera à Philippe Grobéty, démissionnaire en cours de législature.

Christian Reber, 61 ans, est patron d’une agence immobilière, aux Diablerets. Président du Secours alpin romand (SARO), il vient de démissionner de sa fonction de juge au Tribunal de l’arrondissement de l’Est vaudois, après 27 ans. Il est adjudant et a été juge militaire. De ce passé, il a conservé une certaine rigueur – pas une rigidité, nuance ! – et une faculté de décision. «Je ne suis pas psychorigide, mais ouvert au dialogue !» précise-t-il aussitôt en riant. L’homme a un sens affirmé du dévouement à la cause publique.

Descendant d’une longue lignée de guides et de profs de ski, installés depuis des générations aux Diablerets, Christian Reber édite épisodiquement un journal historique à compte d’auteur. «Le passé de la station m’intéresse. Celle de mes aïeux aussi. C’est pourquoi  je suis en train d’écrire un ouvrage sur l’histoire du sauvetage en montagne aux Diablerets. Plus de 100 ans », dit-il.

-Christian Reber, pourquoi votre candidature à la syndicature?

-Après la démission du syndic Philippe Grobéty, je me suis posé la question: qui va y aller? Quelle sera la suite? Je n’ai pas beaucoup pesé le pour et le contre. Dans mon esprit, je n’avais pas pour but d’accéder à la syndicature. Mais j’ai été sollicité et encouragé par de nombreuses personnes. J’ai posé la question à mon épouse qui m’a dit que j’étais critique sur la vie communale et que c’était l’occasion de m’investir et de mettre mes capacités au service de la commune.

J’ai aussi fait le bilan de mes activités. Cela faisait 27 ans que je suis juge au Tribunal d’arrondissement de l’Est vaudois. J’ai servi la justice de mon Canton avec fierté et conviction et j’ai pensé que c’était le moment de me retirer. Pas par lassitude, mais avec le sentiment d’avoir fait ce que j’avais à faire.

Etre juge et syndic n’est pas incompatible aux yeux de la loi. Mais pour mon éthique personnelle, ça l’est, même si les deux fonctions ne se situent pas au même niveau. Je ne pourrais pas exercer la charge de syndic tout en étant juge. Cette séparation des pouvoirs est importante pour moi. Raison pour laquelle j’ai donné ma démission.

-Etre syndic sans avoir fait partie d’un exécutif, n’est-ce pas un handicap?

-Je ne suis pas le premier. Plusieurs syndics ont effectué la même trajectoire que moi avec succès. Cela dit, je n’atterris pas en territoire inconnu. J’ai effectué une législature de 5 ans, jusqu’en 2011, à Ormont-Dessus en qualité de conseiller communal. J’ai fait partie de la commission de gestion. Je suis féru de politique, suisse ou étrangère. J’ai toujours suivi de près les affaires communales. Et suis souvent intervenu par voie épistolaire.

-D’importants dossiers vous attendent...

-Ecoutez. Jusqu’au 31 décembre 2018, le syndic d’Ormont-Dessus est Philippe Grobéty. J’ai le respect des institutions. Durant ce laps de temps, je m’abstiens de commenter des dossiers en cours. D’autant que, pour le moment, je ne les connais pas en détail. Je veux le laisser terminer sereinement son mandat. Il est important pour moi d’avoir cette attitude.

-Votre avis sur la situation générale…

-Je pense qu’il y a un grand déficit dans la communication de la commune. Pas seulement avec les médias, les habitants, mais surtout à l’interne, avec les gens avec qui on est appelé à collaborer, comme le Conseil communal et les commissions permanentes. La communication sera pour moi une des priorités.

-Mais encore?

-Je n’ai pas de baguette magique. Mais j’attacherai aussi une grande importance au dialogue. Normal, vu mon passé de juge. Cela dit, j’ai effectué une analyse de la situation, notamment économique, de la commune. Cette situation a retenu toute mon attention avec près de 22 millions de dettes, à savoir 15’000 francs par habitant. Je ne comprends pas comment on en est arrivé là. Il s’agira de trouver des solutions. Mais avant tout, je veux former, avec mes futurs collègues, une équipe forte qui s’entend bien, car un syndic ne peut travailler tout seul.

-Aucune crainte devant ce grand défi?

-Non! J’ai les épaules solides. A mon âge, je suis installé dans la vie. Je ne cours pas après une carrière politique ou des mandats, ce qui me donne une certaine liberté et le privilège de la franchise. Je tiens à rétablir la confiance chez le personnel communal, les autorités, les habitants. Convaincre, mais pas vaincre !

Je veux gérer la commune comme une entreprise. Chacun a un domaine de compétence. Il s’agira de le mettre en valeur. Je voudrais être aussi un rempart pour les élus. Qu’ils sachent que je les défends et que je suis prêt à répondre aux critiques.

* * *

Christian Reber a encore plein d’idées en tête qu’il ne peut dévoiler maintenant, question d’éthique à laquelle il tient. Mais, il regrette entre autres, que la commune ait perdu son «leadership» dans plusieurs domaines,  notamment le Parc des Sports, les remontées mécaniques, etc. Il s’agira, comme il dit, de redonner confiance à tout le monde. Là aussi, un sacré défi à relever.

Propos recueillis par
Gilbert Pidoux

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