Le projet des TPC de prolongement de la ligne de l’ASD jusqu’au départ du Meilleret est une idée intéressante. S’il est vrai que les routes encombrées et les jeunes qui passent de moins en moins leur permis de conduire favoriseront les transports publics. Mais dépenser autant d’argent et ne l’investir que pour quelques passagers de plus, et une saison d’hiver qui risque d’être de plus en plus courte, peut paraître ridicule. Toutes les personnes qui connaissent la région savent que le domaine d’Isenau se prête magnifiquement à un tourisme quatre saisons (ensoleillement maximum, micro climat hivernal). Pour ceux d’entre nous qui gardent l’espoir de la renaissance d’Isenau, on ne pourra se passer de navettes qui relieront les divers domaines skiables, y compris Glacier 3000.

Si l’on veut attirer de nouveaux contribuables, ce qui paraît essentiel pour les finances de la Commune d’Ormont-Dessus, la priorité absolue pour un ASD utilisable par les pendulaires est la durée du trajet. Si l’on veut «décharger» la route, il doit monter en trente minutes. Aussi, le confort devrait être accru. On sait que la majorité des passagers actuellement sont des enfants et des personnes âgées. Pourquoi nous sert-on l’argument que le trajet dure moins d’une heure pour se passer de toilettes ?

Prolonger l’ASD jusqu’au départ du Meilleret ne sera qu’une atteinte au paysage. Ce dernier est pourtant l’argument numéro un pour attirer la clientèle. Même si l’avant-projet de gare présenté semble relativement bien adapté, il demeurera une verrue.

Depuis des années, on a imposé aux Ormonans des mariages contre nature, que ce soit la fusion des remontées mécaniques ou celle des offices du tourisme. Nous connaissons tous le mépris du «gros» pour le petit. Si les mariages d’amour ont de la peine à tenir, ceux du désamour ont-ils plus de chance ?

La prolongation de l’ASD va de nouveau dans le sens de Villars. Est-ce admissible ?

J’ai bien des doutes sur la capacité des citoyens à se défendre. Avec le bien-être que nous connaissons dans notre pays depuis trop longtemps, ils se sont ramollis, plus enclins à bénéficier de l’assistance sociale qu’à se battre pour leur avenir. Alors, laissons faire, on verra bien ! J’ai de la peine à l’admettre.

Jean Lugrin

18 octobre 2019